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Mouffles

Comme des petits cailloux

Comme des petits cailloux

Comme des petits cailloux semés sur le chemin de ma vie,

Il sont tels que ça...

Que je les lance à l’eau en galets doux ou que je les garde en pierres ponce dans ma main crispée,

Il sont tels que ça...

Il y a ceux tout polis à force de caresses répétées, les cajolés, les indispensables.

A l'opposé, les tout rêches et terreux, les volontairement négligés,

Il sont tels que ça...

Il y a les petits que l’on aperçoit que si l’on s’attarde dans la promenade;

Alors que les gros sont là toujours... inévitables et immuables.

Et puis, il y a les crayeux qui s’effritent et se fondent dans la terre devenant sable fou et mouvant... sable flou émouvant.

Et les durs, semblable aux diamants... durs et éternels.

Il y a ceux-là, enfoncés dans le sol par les coups de colère.

Et ces autres tels des météorites, venus d’ailleurs, venus de si loin que l’on doute de leurs vérités,

Il sont tels que ça...

Et puis il y a ......

Le précieux, le sublime... celui qui donne à lui seul la raison du chemin :

La première fois que mon regard à croisé le sien !

Comme des petits cailloux semés sur le chemin de ma vie,

Il sont tels que ça...

Mes souvenirs.

Mouffles


Quoi !

Quoi !

-"...Bref Virginie a encore eu droit à une contravention, quoi ! "

J’ai un tic de langage, je fini la plus part de mes phrases par "quoi !"

Pour d’autre c’est "ma foi !" ou "tu vois !" moi, c’est "quoi !"

J’ai fini ma phrase et je constate qu’elle n’est plus là ; son regard a ce flou dérangeant de l’absence.

Il y a quelques mois que ça a commencé.

Au début, on en a rit :

-"Quoi ? Quoi !"

-"Mais !!! Tu ne m’as pas écouté, tu étais dans la lune, quoi !"

Elle s’excusait, de la fatigue sans doute !

Et puis, comme de plus en plus souvent elle était inattentive, j’avais fait une plaisanterie de ses rêveries :

-"Tu es encore en Koikoiserie ! Revient par ici, quoi !"

Par moment je me vexais, il devenait si fréquent qu’elle ne m’écoute pas.

J’ai fini par penser que je l'ennuyais, après tant d’années de mariage mes sempiternelles histoires l’endormaient !

Sa vie devenait un peu terne, les enfants étaient partit depuis plusieurs années.

Heureusement il y avait Vincent, son petit fils qui lui redonnait une jeunesse !

Les visites ne se faisaient pas assez souvent à son goût.

-"C’est normal ils ont leurs vies, quoi !"

Alors j’ai eu une idée pour la distraire !

Quand j’ai vu ses yeux se remplir des larmes du bonheur j’ai pensé :

"Voilà c’est ça elle s’ennuie et là elle va avoir à nouveau de l’occupation, quoi !"

Une petite boule de poils dans ses bras et la voilà jubilante !

Déjà, trouver un nom à ce petit chiot allait lui donner de quoi penser.

Mais...

-"Quoi ? Quoi !"

-"Je te demandais si Blacki te plaisait ! Mais on peut aussi l’appeler sourding, quoi !"

-"Excuse moi mon chéri, tu sais, je ne sais pas... je... décroche... en fait, je n’arrive pas à contrôler... d’un coup, je décroche... je ne sais pas..."

Pour la première fois j’ai eu un sentiment de mal aise, elle avait l’air inquiète.

Elle m’avouait aussi ne plus se souvenir d’un jour à l’autre ses repas ou ses activités.

On a voulu se rassurer :

-"C’est l’âge, on a plus vingt ans, quoi !"

On a continué notre vie comme si de rien.

Un jour le petit chien sans nom a jappé :

-"Ecoute, il a dit "kouaff kouaff" !"

Comme on a rit ce jour là, on l’avait notre nom !

Koiffkoiff !

C’est certain qu’il n’y en aurait pas beaucoup au parc avec ce nom là !

Elle adorait son petit chien et son bonheur était au maximum quand Vincent s’amusait avec koiff.

Mais il y a eu ce jour, ces cris...

Je suis arrivé en courant dans la cuisine, elle hurlait :

-"Qu’est-ce que c’est cette bête ? Qu’est-ce que c’est cette bête ? Qu’est-ce que c’est ?"

Il y a eu alors la période des médecins, des analyses et puis le diagnostique...

C’est moi qui était en Koikoiserie à l'énoncé de la maladie !

Quelle importance un nom sur son mal !

Pour moi elle souffre de koikoitardie.

Elle est ici maintenant, dans cette maison de soins, mais le plus souvent elle vit en Koikoiserie comme maintenant.

Combien de temps vais-je attendre pour qu’elle revienne et que va-t-elle me dire ?

"Quoi ? Quoi !"

Ou...

-"Qui êtes-vous Monsieur ?"

C’est ça le plus douloureux ne pas savoir dans quel état elle va revenir de cette putain de Koikoiserie.

-"Quoi ? Quoi !"

Elle a retrouvé un regard sain, merci mon Dieu !

-"Mon chéri tu sais, j’ai envie de rentrer chez nous juste une nuit...

Etre dans tes bras et avoir Koiff sur les jambes, juste une nuit...

J’ai le droit non ?

Je ne suis pas en prison quand même !

Et je me sens si bien...

Je fais une fugue c’est décidé !"

-"Alors, comme tu es pire qu’une mule... On y va, quoi !"

-"Je reviens, le temps d’aller chercher deux affaires et on fugue !"

En l’attendant je pars en Koikoiserie à mon tour et je la retrouve le jour de notre mariage, comme elle était belle ! Comme on a été heureux !

-"Monsieur ?"

Je sursaute !

L’infirmière m’a rapatrié.

-"L’heure des visites est terminée !"

-"Mais... ma femme, elle n’est pas revenue ici, quoi !"

-"Elle est à la salle de restaurant depuis un moment Monsieur et elle en fait du foin ce soir !"

L’infirmière est partie en souriant.

Elle en fait du foin ?

Elle est attablée, je la vois qui fait des grand gestes.

-"Chérie je t’ai attendue, quoi !"

-"Ah ! Monsieur, vous êtes mon avocat !

Alors, vous allez me faire sortir d’ici et vite !

Je ne suis pas responsable de cet accident et je ne payerai pas cette contravention !

Il est hors de question que je reste dans cette prison, allez filez, ne restez pas là à perdre votre temps !!!"

Je rentre seul, il n’y aura pas de fugue...

Je vais chercher Koiff, on fera un tour dans le quartier et puis j’irai manger un peu à la brasserie du coin et je boirai, un peu... un peu trop peut-être... mais qu’importe... l’ivresse aide à la téléportation en Koikoiserie, quoi !

Mouffles


Voyage en Amoureuses

Voyage en Amoureuses 

Je suis en retard comme d’habitude !

Sarah m’attends...

Pour la première fois nous partons deux semaines en vacances !

Elle ne sait pas l’endroit de notre échappée, elle m’a laissé avec un peu de crainte la totale liberté de l’organisation.

-"Mais Alex, évidement que je rêve de partir en voyage mais avec quoi ?

On a pas les moyens, deux semaines !

Tu te rends comptes ?

Tu ne vas pas nous mettre dans les dettes pour... "

-"Stop Sarah !

Je m’occupe de tout et toi pour une fois tu te la joues femme soumise !"

J’avais jubilé à la vue d’une petite lueur de panique dans ses yeux.

-"Tu me fais peur Alex !

Et Cartouche, on va faire quoi de notre petit chien, il vient avec nous ? "

-"Nan, Cartouche sera chez Sam et j’ai dis Stop !

Plus une question je m’occupe... T’occupe ! "

Et voilà, le départ c’est aujourd’hui !

Elle ne s’est occupé de rien et je sais qu’elle a beaucoup de craintes, elle se méfie de mes bons plans et de mes coups de folies.

Mais je sais... Qu’elle adore ça !

Enfin là pour le coup l’adoration est mitigée, elle est très énervée.

-"Alex, tu as une demie heure de retard, ça commence super bien !"

Je la fais taire d’un baiser autoritaire !

Je prend Sarah par la main et c’est pratiquement en courant que nous allons à la voiture.

-"Ouff !!" me dit Sarah en s’asseyant.

-"Allez....Je crois qu’on va à l'aéroport non ?"

Elle est tellement belle dans le sourire qu’elle me donne.

Et c’est là que je me sens blanchir ...

C’est très vite que je lui parle !

-"Ecoute moi, je vais te demander de me faire confiance et de ne pas poser de questions ! On doit retarder un peu ce départ de quelques heures "

-"Mais Alex !"

-"Non, je t’en supplie ne dis rien ! Je vais te déposer en ville, balade toi, va voir un film, je sais pas mais donne moi trois heures !"

-"Trois heures ?"

-"S’il te plaît fait moi confiance, ce n’est qu’un retard, je te jure qu’on va le faire ce voyage ! "

Elle est livide quand elle quitte la voiture, ses sentiments sont partagés mais je suis dans un état de nerfs si critique qu’elle acquiesce d’un simple mouvement de tête quand je lui donne rendez-vous au même endroit trois heures plus tard.

Je la regarde dans le rétroviseur, j’ai un peu honte de la laisser si désemparée.

J'accélère trop brusquement et alors qu’elle a disparue de ma vision....

Enfin je m’autorise à sourire !

J'appelle Sam...

-"Merci mec de ta complicité !"

Il rit...

-"Tu es dingue Alex !"

-"Oui Amoureuse dingue, allez à dans deux semaines ; je me magne j’ai trois heures pour fignoler ce voyage en Amoureuses !"

-"T’es vraiment con tu sais et si elle était déçue ?"

-"Nan.... Aucun risque....!"

Quand je la retrouve elle est très calme, comme résignée à tout entendre, comme persuadée que le pire est à venir.

Mais j’ai un air si satisfait et l’embrasse si fort qu’elle soupire un peu rassurée.

-"On y va ?"

-"Oui Sarah, on y va !"

-"Tu m’expliqueras ?"

-"Oui je t’expliquerai ! Regarde !"

-"C’est quoi ? Un foulard ?"

-"Nan un bandeau ! Que je vais te mettre sur les yeux ! Et ça c’est des boules quiès que je vais te mettre dans les oreilles et ça c’est des mouffles que je vais te mettre autour des mains !"

La stupéfaction que je lis dans son regard me fait jubiler.

-"On y va Sarah, je t’emmène ; tu ne dois rien voir, rien entendre, rien toucher tant que je le déciderai !"

Je l’isole du monde.

-"Alex, c’est très angoissant cette sensation !! On va où ??? Alex !!! "

Mais dans sa voix un mélange de stress et d'excitation amusée me rassure...

Elle va jouer le jeu !

Je roule suffisamment longtemps pour faire naître en elle les sensations de peur et d’impatience que je souhaite et puis arrivées à destination je retire les boules quiès et lui explique :

-"Je vais te guider, tu ne devras rien essayer de voir, tes mains "emmoufflées" resteront dans tes poches, je ne veux pas t’entendre ! Et toi non plus ne dois rien entendre !"

Je la rends sourde à nouveau et la soutiens pour les quelques pas qui nous séparent encore de ma surprise.

Je la fais pénétrer dans notre appartement ; j’ai placé à l’entrée une chaise et l’y fais asseoir, je sais qu’elle cherche à sentir, à comprendre, je sais que son esprit carbure mais elle ne se doute pas...

J’allume les bougies parfumées que j’ai mises un peu partout et c’est seulement quand elles commencent à imprégner délicatement l’air que je vais vers Sarah la libérer.

Elle entends alors la chanson, la nôtre ...

"Aime moi, entre en moi..."

Je l’embrasse doucement, enlève le bandeau et mes larmes coulent avec les siennes...

-"Voilà mon Amour, je n’ai pas les moyen d’une île déserte mais je te l’offre quand même !"

Elle rit et pleure en même temps, elle regarde les pétales de roses et les fleurs exotiques disposées ça et là, découvre dans la visite de "notre île" le palmier au milieu de la cuisine, les cocktails et les fruits sur la table ; elle découvrira encore mes aménagements fous dans les minutes à venir .

-"Deux semaines mon Amour, seules, sans contact avec l’extérieur.

Le frigo et le congélateur débordent, le téléphone est coupé, le PC est sous une bouée en forme de canard, j’ai arrêté tout ce qui donne l’heure et la télé nous servira uniquement à regarder des films plus ou moins sages.

J’ai deux semaines pour te faire rire et pour te faire jouir, deux semaines pour que tu ais définitivement la certitude que je suis ton idéal !"

-"Tu es dingue Alex !, mais tu ne pouvais pas me faire plus plaisir, j’en ai tellement rêvé de cette exclusivité, de cet isolement !"

-"On va vivre ce rêve là Sarah, la réalité nous réveillera avec les jappements de Cartouche que Sam nous ramènera dans 14 jours ! mais d’ici la...

-"Vamos a la playa"

Et je l'entraîne à la salle de bain marcher dans le sable qui recouvre le sol....

Mouffles